Pointe-à-Pitre est la capitale économique de la Guadeloupe. Elle est très animée en journée, mais certains secteurs changent de visage à la tombée de la nuit. Avant de réserver un hébergement ou de partir à pied explorer la ville, mieux vaut savoir quels sont les quartiers à éviter à Pointe-à-Pitre, d’après les témoignages de terrain, les retours de résidents et les opérations de police relayées par la presse.
Voici d’abord la liste des secteurs les plus souvent cités, puis les raisons de leur réputation, les risques réels pour les touristes et des réflexes simples à adopter. L’objectif n’est pas d’alimenter la peur, mais de vous donner des repères utiles pour votre sécurité en Guadeloupe.
Les quartiers à éviter à Pointe-à-Pitre et ses environs
Pointe-à-Pitre : Cour Zamia, Carénage, Lauricisque et Bergevin
Lauricisque arrive en tête des quartiers cités. Il fait partie des secteurs classés en politique de la ville (ancienne zone de redynamisation urbaine), ce qui traduit des difficultés sociales anciennes. La journée, on y croise surtout des habitants et des commerçants. La nuit, la vigilance est de mise, surtout à pied.
Le Carénage est régulièrement évoqué pour des faits de violence, de prostitution et de délinquance d’opportunité, principalement en soirée. Cour Zamia revient lui aussi dans la plupart des listes de quartiers chauds, avec le même constat : des rues très peu fréquentées dès que le soleil se couche et des visiteurs qui n’ont rien à y faire.
La cité Mortenol est un autre point sensible. Selon La Croix, une trentaine de policiers (35 précisément) sont intervenus début avril 2024 dans le secteur de Beauperthuis, avec des contrôles autour de Mortenol, un lieu décrit comme connu pour abriter un gang important. Changy figure enfin parmi les zones où la prudence est maximale, surtout de nuit et lors des déplacements à pied.
Le cas de Bergevin et de la rue Frébault est un peu différent. Ce n’est pas un quartier résidentiel dangereux en permanence, mais un secteur où les vols à l’arraché se concentrent à la sortie des commerces, surtout quand les rues se vident vers 18h-19h.
Les Abymes et communes voisines : Boisripeaux, Grand Camp, secteurs du Gosier
La commune des Abymes, collée à Pointe-à-Pitre, concentre une partie des remontées négatives. Boisripeaux et Grand Camp reviennent souvent dans les discussions de voyageurs et de résidents, avec de la délinquance urbaine et des tensions sociales. Certains secteurs autour du Vieux-Bourg sont également cités, plutôt pour des vols et des incivilités que pour des violences graves.
Au Gosier, principale zone touristique, il n’y a pas de quartier à fuir en bloc. Le risque tient surtout aux vols sur les parkings de plages et de restaurants, ainsi qu’aux rues mal éclairées après les sorties nocturnes. À Baie-Mahault, la zone de Jarry, très commerciale et industrielle, se vide le soir et demande simplement un peu de bon sens si l’on s’y attarde après la fermeture.
Centre-ville après 19 h : le bon réflexe
Le centre de Pointe-à-Pitre ne pose pas de problème en pleine journée, avec ses marchés, ses commerces et la place de la Victoire. C’est la baisse d’animation qui change la donne. Prévoyez de terminer vos achats avant la fermeture des boutiques, et si vous dînez en ville, rentrez en voiture ou en taxi plutôt qu’à pied.
Pourquoi ces quartiers sont-ils considérés comme sensibles ?
Il n’y a pas une cause unique. La criminalité observée à Pointe-à-Pitre mêle délinquance urbaine, trafics et tensions sociales, dans une agglomération où le chômage et la précarité pèsent lourd. Les quartiers comme Lauricisque, Carénage ou Cour Zamia cumulent habitat dense, faible mobilité économique et manque d’activités pour les jeunes.
L’urbanisme joue aussi un rôle. Après 18h-19h, de nombreuses rues se vident complètement, faute de commerces ouverts ou de vie de quartier. Les agresseurs opportunistes y trouvent un terrain favorable : peu de témoins, éclairage inégal, et des passants isolés.
Ces zones sensibles ne reflètent pas l’ensemble de la ville. La majorité des faits touche d’abord les habitants eux-mêmes, et les règlements de comptes visent rarement les visiteurs. Le risque pour un touriste vient surtout du fait de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment.
Risques concrets pour les touristes et visiteurs

Le premier danger reste le vol à l’arraché : téléphone, sac à main, appareil photo, chaîne en or. Il se produit surtout à la sortie des commerces, sur le trajet entre un parking et une porte, ou dans une rue peu fréquentée.
Viennent ensuite les vols sur les parkings. Une voiture de location est facilement repérable pour un œil exercé (plaque, autocollant du loueur, bagages visibles), et les vitres brisées pour récupérer un sac laissé sur la banquette sont fréquentes, y compris aux abords des plages et des sites touristiques. Les agressions opportunistes, plus rares, concernent surtout les personnes qui marchent seules la nuit dans les secteurs déjà cités.
Conseils pratiques pour circuler en toute sécurité
Quelques habitudes suffisent à réduire fortement les risques, sans gâcher le séjour :
- Ne laissez jamais rien dans la voiture, même quelques minutes, et préférez un parking surveillé ou éclairé.
- Évitez de marcher à pied la nuit à Lauricisque, au Carénage, à Cour Zamia, à Changy et autour de Bergevin.
- Privilégiez le taxi ou un VTC pour les sorties nocturnes à Pointe-à-Pitre et aux Abymes.
- Gardez vos bijoux, votre téléphone et vos papiers hors de vue, et portez votre sac côté mur.
- Demandez conseil à votre logeur ou à l’office du tourisme pour savoir quelles rues éviter selon l’heure.
- Évitez de vous arrêter dans une rue déserte pour consulter votre GPS, et programmez votre trajet avant de partir.
Comment repérer soi-même un quartier à éviter
Avant de réserver un logement, ouvrez Google Maps et parcourez les rues en Street View. Un quartier dont les façades sont dégradées, les trottoirs encombrés, les grilles omniprésentes et les commerces fermés doit vous alerter. Regardez aussi l’éclairage public et l’état des parkings à proximité.
Lisez ensuite les avis les plus récents, en vous méfiant des commentaires isolés, et posez des questions directes à l’hôte : le quartier est-il calme le soir, peut-on rentrer à pied, où garer la voiture ? Les réponses franches d’un habitant valent souvent mieux que dix listes en ligne.
La Guadeloupe reste-t-elle une destination sûre ?

Oui, à condition de garder la mesure. La grande majorité des séjours se passe sans incident, et les secteurs les plus touristiques (Gosier, Sainte-Anne, Saint-François, Deshaies) sont fréquentés toute l’année sans difficulté particulière. La vigilance demandée ici est comparable à celle qu’on adopte dans n’importe quelle grande ville, qu’il s’agisse de la Guadeloupe ou de secteurs métropolitains, comme les quartiers à éviter à Clichy.
La situation évolue aussi dans le bon sens à certains endroits. Les programmes de rénovation urbaine et de politique de la ville, la réhabilitation du secteur de Darboussier avec le Mémorial ACTe et les opérations de police régulières dans les cités sensibles cherchent à redonner de la vie aux quartiers fragilisés. Ces efforts prennent du temps, mais ils montrent que Pointe-à-Pitre ne se résume pas à sa réputation.
Gardez donc en tête l’essentiel : de jour, la ville se visite sans souci, et la nuit, mieux vaut éviter Lauricisque, Carénage, Cour Zamia, Changy et les abords de Bergevin. Avec un peu d’anticipation, votre séjour en Guadeloupe peut rester serein, tout comme ailleurs en France, où nous avons aussi recensé les quartiers à éviter à Évry-Courcouronnes.





