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Recouvrement et schéma de pose d’une plaque fibro-ciment : comment faire selon le DTU 40.37

Ouvrier fixe plaques fibro ciment sur ossature bois verticale

Une toiture en plaques ondulées tient ou non l’eau selon la qualité de ses recouvrements. Un rang trop court, un angle mal traité ou une fixation posée dans le mauvais creux suffisent à créer une infiltration. Voici comment appliquer un schéma de pose de plaque fibro-ciment (après avoir vu comment lire le schéma d’une toiture de maison), avec les valeurs de référence du DTU 40.37 et des notices des fabricants.

Principe du recouvrement des plaques fibro-ciment : à quoi sert-il et comment le lire sur un schéma ?

Le recouvrement est la zone où une plaque ondulée passe par-dessus sa voisine. Il empêche l’eau, poussée par le vent ou remontée par capillarité, de franchir la jonction. Sur un schéma de pose, deux zones se repèrent : le recouvrement longitudinal (en tête), entre deux rangs superposés dans le sens de la pente, et le recouvrement latéral, entre deux plaques côte à côte.

Le vocabulaire varie d’un fabricant à l’autre. Certaines notices appellent « transversal » le recouvrement en tête et « longitudinal » celui du côté. Regardez donc toujours la cote portée sur le dessin plutôt que le mot employé.

Les valeurs de référence

Le recouvrement en tête standard est de 200 mm, et le recouvrement latéral d’environ une demi-onde. Le tableau ci-dessous reprend les repères que l’on retrouve dans les avis techniques des plaques ondulées.

Élément Valeur repère Précision
Sens de pose De l’égout vers le faîtage Rang après rang, dans le sens de la plus grande pente
Recouvrement longitudinal (en tête) 200 mm en standard À ajuster vers le haut de la plage quand la pente se rapproche du minimum
Maximum avec coins coupés 230 mm Plaques à angles prédécoupés
Maximum sans coins coupés 260 mm Selon plusieurs avis techniques
Recouvrement latéral Environ une demi-onde Côté opposé aux vents dominants
Fixations 2 par plaque et par panne Au sommet d’onde, à 50 mm minimum du bord dans certains avis

Pente basse : le recouvrement ne se négocie pas

Plus la pente se rapproche de la valeur minimale admise pour votre profil, plus le recouvrement en tête doit être généreux, et la notice peut imposer un mastic ou une bande d’étanchéité. Vérifiez la pente minimale du système avant de commander, pas après avoir posé deux rangs.

Schéma de pose : sens de pose et ordre de montage des plaques

Le sens de pose est celui de la plus grande pente : on part de la rive basse (l’égout) et on monte vers le faîtage. Latéralement, on commence du côté opposé aux vents dominants, de sorte que le recouvrement latéral regarde à l’abri du vent. C’est ce que les fabricants appellent pose « à droite » ou « à gauche » selon le modèle de plaque.

L’ordre de montage se résume ainsi :

  1. Tracer l’alignement de la rive basse et vérifier l’équerrage des pannes avant la première plaque.
  2. Poser la première plaque ondulée en bas, avec le débord prévu en égout, sans la fixer définitivement.
  3. Poser la plaque voisine en la recouvrant d’une demi-onde, puis fixer l’ensemble.
  4. Monter le rang suivant en respectant le recouvrement en tête, de 200 mm en standard.
  5. Répéter jusqu’au faîtage, en contrôlant régulièrement l’alignement.

Recouvrement longitudinal (en tête) selon la pente

Le rang supérieur vient recouvrir le rang inférieur sur environ 200 mm, mesurés depuis le bord haut de la plaque du dessous. Plus la pente est faible, plus on vise le haut de la fourchette. Avec des coins coupés, on peut aller jusqu’à 230 mm, et jusqu’à 260 mm sans coins coupés, selon les avis techniques cités plus haut.

Les rangs ne se posent pas n’importe comment les uns par rapport aux autres. Avec des plaques à angles prédécoupés, les joints peuvent rester alignés. Sans angles prédécoupés, on décale chaque rang d’une demi-plaque (joints croisés) ou on coupe les angles sur le chantier.

Recouvrement latéral et découpe des angles

Au point où quatre plaques se rejoignent, quatre épaisseurs s’empilent : la plaque se soulève et laisse passer l’eau. La découpe des angles supprime cette surépaisseur. On enlève le coin de la plaque du dessous (ou du dessus selon la notice) à l’endroit où les recouvrements se croisent, avec un jeu faible pour que la jonction reste étanche.

La découpe sur chantier se fait avec un outil à vitesse lente et un masque filtrant, car la poussière de ciment et de silice n’a rien d’anodin, même sur des plaques récentes.

Support et fixations : pannes, pente minimale et fixation au sommet d’onde

Pannes metalliques alignees et plaques bac acier en pose

Avant la première plaque, contrôlez la charpente. Les pannes doivent être de niveau, droites et espacées selon l’entraxe prévu par le fabricant pour le profil et l’épaisseur de plaque choisis. Un entraxe trop grand fait flécher la plaque et ouvre les recouvrements. Une pente inférieure à la pente minimale du système impose un autre matériau, comme vu dans notre guide pour poser une toiture bac acier étape par étape, ou une solution renforcée, car le DTU 40.37 encadre cette limite.

Chaque plaque se fixe au sommet d’onde : fixer dans le creux, c’est faire passer l’eau directement dans le trou. Selon le support, on utilise un tirefond sur panne bois ou une vis autoperceuse sur panne métallique. Un crochet convient aux pannes où l’on ne veut pas traverser la plaque. Comptez deux fixations par plaque et par panne d’appui.

Le perçage de la plaque se fait avec un diamètre légèrement supérieur à celui de la tige, pour laisser le jeu de dilatation. On termine par une rondelle d’étanchéité, serrée sans écraser la plaque. Au niveau du recouvrement, la fixation traverse les deux épaisseurs sur la panne concernée.

Le piège du trou trop proche du bord

Une fixation placée trop près de l’arête fait éclater la plaque. Respectez la distance minimale au bord indiquée par la notice (50 mm dans certains avis techniques) et percez toujours avant de visser.

Faîtage, rives et points singuliers : assurer l’étanchéité

Le faîtage se ferme avec des pièces faîtières à recouvrement, fixées par des tirefonds ou crochets plus longs, qui traversent la pièce et les plaques jusqu’à la panne. Un closoir ou un profil de ventilation, selon la configuration, évite que le vent n’engouffre de la pluie sous la faîtière.

Les rives reçoivent des pièces dédiées qui recouvrent le bord de la dernière plaque, avec un recouvrement suffisant pour que l’eau glisse vers le toit. Côté rive basse, la plaque dépasse de l’égout pour que l’eau tombe dans la gouttière, dans la limite du débord fixé par la notice. Chaque traversée (conduit, lanterneau, ventilation) demande une solin ou une pièce spéciale : on ne fait jamais l’étanchéité au mastic seul.

Erreurs fréquentes, sécurité et cas des anciennes plaques amiantées

Les erreurs reviennent d’un chantier à l’autre : sens de pose inversé par rapport au vent, recouvrement en tête rogné pour gagner une plaque, fixation dans le creux de l’onde, serrage excessif qui fissure la plaque, et pas de découpe des angles. Un autre défaut classique consiste à commander des plaques sans vérifier l’entraxe des pannes.

La sécurité n’est pas négociable. Une plaque fibro-ciment ne supporte pas le poids d’une personne : circulez sur des chemins de planches ou des échelles de toit, équipez-vous d’un harnais, de filets ou d’une protection collective, et portez les EPI adaptés (casque, gants, chaussures antidérapantes, masque filtrant lors des découpes).

Plaque ancienne : avant de toucher, un diagnostic

Les plaques posées avant 1997 peuvent contenir de l’amiante. Il ne faut jamais percer ni découper une ancienne plaque sans diagnostic préalable. Une surtoiture par-dessus l’existant ou une dépose relève alors d’une entreprise formée au risque amiante.

Questions fréquentes

Mains ajustant une lentille optique sur un etabli

Quel est le bon recouvrement entre deux plaques ondulées ?

En tête, 200 mm en standard, jusqu’à 230 ou 260 mm selon les coins. Sur le côté, comptez environ une demi-onde.

Dans quel sens poser les plaques ?

De l’égout vers le faîtage, et latéralement en partant du côté opposé aux vents dominants.

Où fixer les plaques ?

Au sommet d’onde, sur les pannes, avec deux fixations par plaque et par panne d’appui.

Peut-on poser une surtoiture sur d’anciennes plaques ?

Oui dans certains cas, mais seulement après diagnostic et par une entreprise compétente si les plaques contiennent de l’amiante. En cas de doute, ne percez rien.

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Article publié par la rédaction de Maison Quotidien.

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